L'histoire de Sandra

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J’ai grandi en jouant aux cartes autour de la table de la salle à manger. Les mises étaient basses, la plupart du temps des sous noirs ou des cinq sous. Le jeu me rappelait toujours des associations positives – de bons moments et des souvenirs heureux en famille. Et pour une grande partie de ma vie adulte, le jeu n’a jamais été un problème.

En 1990, on a offert à mon mari un très bon emploi à l’autre bout de la province. Je détestais le fait d’avoir eu à déménager. Je n’arrivais pas à trouver du travail dans mon domaine et je me sentais prise au piège. J’étais tellement amère. J’ai commencé à jouer au bingo une ou deux fois par semaine. Quand je surveillais mes cartes, je n’avais pas besoin de penser à quoi que ce soit d’autre. C’est là où je me suis réfugiée quand les difficultés ont commencé.

La négativité dans ma vie a atteint son sommet avec deux horribles accidents qui se sont produits à deux ans d’intervalle. Le premier m’a laissée dans un état difficile de rétablissement physique et émotionnel. Puis mon mari a eu un accident. Mon auto était une perte totale. Cette auto était un symbole de mon indépendance. Je l’avais achetée après m’être séparée de mon premier mari. Et maintenant, elle n’était plus là. Soulagée que mon mari ne soit pas blessé, j’étais en même temps tellement fâchée – tout en me sentant coupable pour cette réaction. Dans cet état d’esprit, je suis allée chercher mon mari sur les lieux de l’accident, je l’ai ramené à la maison puis je suis allée tout droit à la salle de bingo.

L’accident a marqué le début d’une période de quatre ans où j’ai joué au bingo à tous les jours. Si je perdais, c’est qu’il devait y avoir quelque chose qui clochait avec le boulier – les numéros ne tombaient pas correctement. J’y retournais chaque jour, espérant récupérer mon argent. Ça ne s’est jamais produit.

Après quatre ans, j’avais accumulé une dette de 88 000 $. Je n’avais pas d’autre choix que d’arrêter. Je me suis jointe aux Gamblers Anonymes et me suis inscrite à un programme de 12 semaines de traitement. Je me suis occupée de ma dette et j’ai repris ma vie en mains. Je me portais si bien qu’en fait je croyais pouvoir supporter une soirée au casino. J’ai découvert les machines à sous. Le cycle a repris de plus belle.

Mon problème de jeu détruisait mon amour-propre, m’enlevant tout ce que j’aimais à propos de moi-même. Avec ma dépendance, l’actrice était née. Je jonglais avec l’argent, les comptes de banque, je prenais la carte de crédit de mon mari, je mentais, j’amenais mes bijoux chez le prêteur sur gages. Mon mari me demandait pourquoi je ne portais plus mes bagues. Je lui disais que je faisais de l’eczéma.

C’est la tromperie qui m’a fait réaliser que je devais arrêter. Une des dernières fois que j’ai joué, mes sœurs m’avaient préparé une sortie pour mon anniversaire. J’ai prétendu que je n’étais pas allée au casino depuis très longtemps. En fait, j’y étais moins de 24 heures plus tôt. Je les ai trompées. Je me suis servie de cette soirée spéciale comme excuse pour jouer. Je savais que je devais m’arrêter.

Je suis retournée aux Gamblers Anonymes et j’ai commencé à connaître d’autres joueurs qui avaient des problèmes. Ça prend beaucoup de temps pour s’en sortir. J’avais beaucoup de colère. De la colère parce que je ne pouvais plus jouer, et de la colère contre moi-même. Tout ce que j’utilisais pour nourrir mes habitudes de jeu – arguments, craintes, désappointements – est encore là. Mais maintenant, je trouve d’autres moyens pour y faire face. Quand vous êtes au plus profond d’une dépendance, rien d’autre n’existe. C’est comme quand vous écrasez votre nez sur un miroir. Vous ne pouvez rien voir. C’est quand vous prenez un pas de recul que votre monde devient visible. Maintenant je peux voir de façon claire.

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