L'histoire de Jason

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À tous les deux ou trois mois, j’allais au casino avec ma petite amie jouer au blackjack. Nous apportions chacun 200 $ et quand c’était dépensé – que ce soit après deux minutes ou deux heures – nous quittions.

Puis j’ai commencé à y aller seul. Les fins de semaines, je me levais tôt pour avoir plus de temps pour jouer. Je remettais à plus tard les tâches et les commissions, choisissant plutôt d’aller au casino. J’évitais ma famille et mes amis. À la table de jeu, je misais de plus en plus pour tenter de récupérer ce que j’avais perdu. Le jeu n’était plus un passe-temps : dans ma tête, c’était une occasion d’affaires.

Le jeu est devenu mon univers. J’allais au casino directement à partir du travail avec en poche de 2 000 $ à 3 000 $, et j’y restais jusqu’au lendemain matin. Luttant pour rester éveillé, j’accomplissais mes huit heures de travail, pour ensuite recommencer le même cycle. Je dormais pendant le dîner ou quand je pouvais trouver un peu de temps pour m’arrêter au bord de l’autoroute. C’était dangereux et, en y repensant, je suis si heureux de n’avoir jamais causé d’accident.

Aussi ironique que ça puisse sembler, le jeu m’avait au départ donné un sentiment de contrôle. J’aimais l’idée que mon sort (gagner ou perdre) soit basé seulement sur les décisions que je prenais à la table de jeu. Éventuellement, le jeu est devenu une soupape pour moi, une échappatoire. Quand j’étais stressé à cause du travail ou à cause de frictions dans mes relations, je me tournais vers le jeu pour apaiser mes pensées.

Un samedi matin, je suis rentré chez moi après une nuit passée à jouer, et je ne pouvais pas dormir. Étendu sans sommeil, j’ai commencé à réfléchir à ma vie. J’ai pensé à toutes les relations que j’avais épuisées ou perdues, et aux gens à qui je ne pouvais plus faire face. J’ai pensé à tout ce dont j’avais déjà été fier, tout ce qui avait contribué à faire de moi la personne que j’étais : un bon frère, un bon fils, un bon ami, quelqu’un de fiable, de responsable et vers qui l’on pouvait se tourner.

J’ai réalisé que j’avais tout perdu. J’avais perdu des choses que l’argent ne pourrait remplacer, des choses qui me définissaient. J’avais perdu le sens de qui j’étais. C’était le jour le plus triste de toute ma vie, un jour que je n’oublierai jamais. Quelques heures plus tard, j’ai téléphoné à ma sœur et les seuls mots que j’ai pu dire étaient : « Il faut que j’arrête. »

Admettre, puis affronter mon problème de jeu a été l’une des choses les plus difficiles que j’ai jamais eues à faire. Je ne vous mentirai pas – ce ne sera pas facile, mais il y a de l’espoir. Si vous êtes dans la position où j’étais, il y des chances que vous viviez une solitude si lourde et si sombre que vous craignez de ne jamais pouvoir vous en sortir. La vérité est que vous n’êtes pas seul. Le premier pas vous appartient, mais après, vous serez surpris du nombre de personnes qui vous aideront. Peu importe à quel point vous vous êtes enfoncés, peu importe à quel point le jeu a dévoré votre vie, rien de tout cela n’est irréversible.

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